Dans la même rubrique...

Les produits stupéfiants passés au crible

Article paru dans Ouest-France le samedi 3 mars 2012

Hervé Le Flem, gendarme à la retraite, est venu jeudi, au collège Jean-Monnet, parler des produits illicites et dangereux en général. « À la gendarmerie, il n’y a plus de formateur. J’interviens dans le cadre de la réserve opérationnelle pour des formations de ce type  », explique-t-il. Le gendarme a abordé « les drogues, dures ou douces, l’alcool mais aussi les dangers du tabac ».

Au collège Jean-Monnet, ce travail de prévention n’est pas vraiment nouveau. Cette année, ce sont les élèves des quatre classes de quatrième qui ont été ciblés.

La drogue du violeur

Ce jeudi, Hervé Le Flem est devant sa première classe. On parle du fameux GHB (gamma hydroxy butyrate), la trop fameuse drogue du violeur. « Vous avez déjà bu un peu. Il vous propose un verre avec le GHB à votre insu, évidemment. Alors, vous vous sentez encore mieux puis il y a l’effet anesthésiant. Il vous invite dans sa voiture pour un petit câlin. Et ensuite, il invite tous ses copains. Vous n’avez plus aucune faculté pour refuser quoi que ce soit  », explique l’intervenant aux jeunes.

Il ajoute qu’après le viol, en reprenant conscience, la première réaction de la victime est de laver son corps de toute souillure. «  C’est une réaction parfaitement compréhensible, mais elle complique hélas le travail des enquêteurs, car elle détruit les traces d’ADN. »

JPEG - 39.9 ko
Hervé Le Flem devant des élèves de 4e : « Les drogues entraînent maladies, dépendance et souvent délinquance. »

Sujet suivant : la cocaïne avec son cocktail de poisons qui servent aux différentes étapes de sa fabrication : acide sulfurique, ammoniaque, éther, acide chlorhydrique et même kérosène ! « On doit voler avec ça  », murmure un élève sous cape. « Au départ de Colombie, la cocaïne est pure à 90 %. Arrivée dans la rue, dans nos pays, elle ne l’est plus qu’à 25 %. Ça veut dire qu’on y a ajouté encore d’autres produits pour la couper. »

On parlera aussi de la morphine produite à partir d’une belle fleur, le pavot, mais qui est bel et bien un poison aussi. Cette drogue installe très rapidement une dépendance car notre corps fabrique de la morphine naturelle puisque l’organisme en a besoin. Si on lui en propose de l’extérieur, il cesse d’en fabriquer et il faut continuer à fournir ! Un filon assuré pour les dealers de tout poil, à moins de bénéficier de l’attention de personnes ou d’associations compréhensives.